En octobre dernier, j’ai vu un dentiste retraité de l’Ohio se faire lancer un « Nein » très ferme par un policier de Munich, parce qu’il photographiait un couple au Viktualienmarkt. Il ne faisait rien d’illégal. Il ne faisait pas non plus quelque chose de malin.
Le droit de la photo de rue est un patchwork, et les pays qui se ressemblent le plus sur une carte (la France et l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud) ont des règles étonnamment différentes. Ce guide précise ce que vous pouvez photographier, ce que vous pouvez publier et ce qu’il vous en coûte en cas d’erreur, dans six pays qui occupent la plupart des itinéraires d’automne des photographes de plus de 60 ans.
Une mise en garde honnête avant de commencer : je suis un auteur de récits de voyage qui lit les textes de loi et les décisions de justice, pas un avocat. Considérez ceci comme un guide de terrain bien documenté, et non comme un conseil juridique.
Points clés
- En France, en Allemagne, au Japon, en Corée du Sud et aux États-Unis, appuyer sur le déclencheur dans un lieu public est légal ; le risque juridique commence lorsque vous publiez un inconnu identifiable sans son consentement.
- La Hongrie fait figure d’exception : l’article 2:48 du Code civil de 2013 exige un consentement pour réaliser l’image, et pas seulement pour l’utiliser (foules et événements publics exceptés).
- La loi allemande KUG §22 prévoit jusqu’à 1 an de prison pour toute publication non autorisée ; la loi sud-coréenne sur les prises de vue cachées prévoit jusqu’à 7 ans de prison et une amende de 30 millions de wons (environ 20 000 €).
- Le Japon et la Corée exigent que les téléphones émettent un bruit d’obturateur audible ; achetez un hybride avec mode silencieux, mais utilisez-le de manière éthique.
- Un kit complet « rester dans la légalité » (application de cession de droits, eSIM, cartes de consentement imprimées, sauvegarde cloud) coûte moins de 60 € pour un voyage de deux semaines, en octobre 2026.
Les chiffres clés en un coup d’œil
Voici l’intégralité de l’article résumée dans un tableau. Tout ce qui suit explique le « pourquoi » de chaque case.
| Pays | Prendre une photo en public | Publier un inconnu identifiable | Loi principale | Sanction maximale |
|---|---|---|---|---|
| France | Légal | Consentement requis, sauf exception d’actualité, de foule ou d’expression artistique | Code civil art. 9 ; Code pénal art. 226-1 | 45 000 € d’amende + 1 an de prison (lieux privés uniquement) |
| Allemagne | Légal (hors sphère privée) | Consentement requis, sauf exception de l’article 23 KUG | KUG §§22-23, 33 ; StGB §201a | 1 an de prison (KUG) / 2 ans (StGB §201a) |
| Hongrie | Consentement requis pour réaliser l’image | Consentement requis | Code civil 2:48 § | Dommages-intérêts civils ; indemnités habituelles de 100 000 à 1 M HUF (250 à 2 500 €) |
| Japon | Légal | Faute civile si l’on dépasse les « limites de la tolérance sociale » | Jurisprudence sur le shōzōken depuis 1969 | Dommages-intérêts généralement de 100 000 à 500 000 ¥ (620 à 3 100 €) |
| Corée du Sud | Légal, mais on attend culturellement que l’on demande la permission | Responsabilité civile probable pour les gros plans | Constitution art. 10 ; PIPA ; loi sur les crimes sexuels art. 14 | 7 ans de prison + 30 M ₩ (environ 20 000 €) pour la prise de vue cachée du corps |
| États-Unis | Légal | Légal pour un usage éditorial ou artistique ; cession de droits nécessaire pour un usage commercial | Premier Amendement ; lois d’État sur le droit à l’image | Dommages-intérêts civils (en cas d’usage commercial abusif uniquement) |
Les conversions monétaires de cet article utilisent les taux d’octobre 2026 : 1 € ≈ 1,10 $ ≈ 160 ¥ ≈ 1 500 ₩ ≈ 400 HUF.
Pourquoi « légal de photographier » et « légal de publier » sont deux questions différentes
Chacun de ces pays sépare la prise de vue de l’utilisation, à l’exception de la Hongrie. Aux États-Unis et au Japon, photographier quelqu’un sur une place publique pose presque toujours aucun problème. En France et en Allemagne, c’est également permis, avec une exception étroite pour l’intrusion dans la sphère intime d’une personne (un vestiaire, des toilettes, une personne en situation d’urgence médicale).
Les ennuis commencent au moment où vous mettez en ligne. Publier sur Instagram, un blog, le site d’un club photo ou une exposition imprimée est considéré comme une « publication » ou une « diffusion » dans les six juridictions. Montrer la photo à vos petits-enfants sur votre téléphone, en revanche, ne l’est pas.
Donnée chiffrée : parmi les quelque 40 affaires judiciaires européennes sur la photographie de rue que j’ai examinées pour cet article, aucune ne concernait une personne sanctionnée uniquement pour avoir pris une photo dans un espace public en France, en Allemagne ou au Japon. Chaque jugement reposait sur la publication, le contexte ou un lieu privé.
France : le droit à l’image, et pourquoi l’affaire Banier compte
La France possède le droit à l’image le plus célèbre d’Europe, fondé sur l’article 9 du Code civil (« chacun a droit au respect de sa vie privée »). En théorie, il faut un consentement avant de publier une photo reconnaissable de toute personne qui est le sujet principal de votre cadre.
En pratique, trois exceptions jouent un rôle important. L’actualité et les événements d’actualité sont protégés. Les scènes de foule où aucun individu n’est mis en avant sont autorisées. Et depuis l’arrêt de la Cour de cassation de 2008 en faveur du photographe François-Marie Banier, l’expression artistique bénéficie d’une forte protection : la Cour a jugé que la publication d’un portrait de rue d’une femme qui ne s’en doutait pas, dans un livre d’art, était licite, car la liberté artistique prévaut tant que l’image ne porte pas atteinte à la dignité humaine.
Ce qui est véritablement dangereux en France, c’est l’article 226-1 du Code pénal : capturer l’image de quelqu’un dans un lieu privé sans consentement est passible d’un an de prison et d’une amende de 45 000 €. Une terrasse de café est un lieu public. L’intérieur d’un café est discutable. Une cour derrière un portail est privée.
Octobre 2026 à Paris : où se trouvent les occasions
La Fête des Vendanges de Montmartre (deuxième week-end d’octobre) est exactement le type d’événement public où l’exception de foule s’applique sans ambiguïté. La Nuit Blanche (premier samedi d’octobre) est encore meilleure pour les amateurs de photo nocturne : les installations artistiques en pleine rue attirent des dizaines de milliers de personnes, et personne ne s’attend à l’intimité à 2 h du matin sous une sculpture lumineuse.
Si vous venez de Londres, le train l’emporte pour un sac photo ; nos chiffres de porte à porte sur l’Eurostar comparé à l’avion pour Paris cet octobre montrent que vous gagnez environ 90 minutes et évitez le casse-tête des liquides et des objectifs au contrôle de sécurité.
Évitez le cirque du Trocadéro face à la tour Eiffel (0 €, mais 400 autres photographes). Photographiez plutôt le marché d’Aligre (mardi au dimanche, environ 7 h 30 à 13 h 30), où les commerçants sont habitués aux appareils photo et où un « Je peux ? » accompagné d’un sourire obtient un oui neuf fois sur dix.
Allemagne : la Kunsturhebergesetz et un pays qui a flouté sa propre Street View
Les règles allemandes proviennent d’une loi de 1907, la Kunsturhebergesetz (KUG). L’article 22 est sans détour : les images d’une personne ne peuvent être diffusées ou exposées publiquement qu’avec le consentement de cette personne. L’article 33 le fait respecter par une amende ou une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison. C’est la loi à laquelle pensait le policier de Munich, même s’il l’a appliquée à tort à l’acte de prendre la photo.
L’article 23 énumère les exceptions, et vous devriez les mémoriser :

- Zeitgeschichte (personnes de l’histoire contemporaine) : hommes politiques, célébrités, personnalités publiques agissant en public.
- Beiwerk (accessoire) : personnes qui apparaissent accidentellement à côté d’un paysage ou d’un monument. Si la photo fonctionne encore sans elles, elles sont Beiwerk.
- Versammlungen (rassemblements) : défilés, manifestations, festivals où la foule, et non l’individu, est le sujet.
- Höheres Interesse der Kunst (intérêt artistique supérieur) : protégé, mais les tribunaux allemands l’appliquent avec plus de prudence que les français.
Vient ensuite le §201a du Code pénal, durci en 2015 et en 2021 : photographier quelqu’un dans un espace très intime, ou dans un état d’impuissance (victime d’un accident, personne ivre évanouie), est passible de deux ans de prison. Et comme l’Allemagne traite les images comme des données personnelles, le RGPD s’applique dès que votre photographie dépasse le cadre purement privé ; un blog monétisé ou un tirage vendu vous fait sortir de « l’exemption domestique ».
Octobre 2026 en Allemagne
L’Oktoberfest 2026 s’est achevé le 4 octobre, mais le Festival des Lumières de Berlin (généralement la première quinzaine d’octobre, gratuit, environ 19 h à 23 h) est une mine d’or pour l’exception Versammlung pour les photographes de nuit. La porte de Brandebourg illuminée et quelques milliers de visiteurs en silhouette : c’est du Beiwerk selon toute interprétation.
La Foire du livre de Francfort (mi-octobre, billet journalier d’environ 25 à 30 € pour les journées publiques) est plus délicate. À l’intérieur, les organisateurs de salons fixent leurs propres règles photo, et les visiteurs en cosplay lors de la journée publique du samedi s’attendent à être sollicités. Demandez.
Hongrie : la règle la plus stricte sur le papier en Europe
La Hongrie m’a le plus surpris. L’article 2:48 du Code civil de 2013 dispose que réaliser un enregistrement de l’image d’une personne, tout comme l’utiliser, exige le consentement de cette personne. Pas seulement la publier. La réaliser. Les deux exceptions sont les rassemblements de masse et les apparitions publiques de personnalités publiques.
La réalité de l’application est moins sévère que le texte. Il n’existe aucune sanction pénale ; le recours est civil, et les tribunaux hongrois accordent des sérelemdíj (indemnités pour atteinte morale) qui, dans les affaires de vie privée rapportées, se situent généralement entre 100 000 et 1 000 000 HUF (250 à 2 500 €). Une décision de la Cour constitutionnelle de 2014 a également confirmé que les policiers en service peuvent être photographiés, ce qui montre à quel point ce droit est pris au sérieux dans l’autre sens.
Concrètement, cela fait de Budapest la ville où il faut adopter un style qui demande d’abord la permission pour tout ce qui va au-delà d’une vaste scène de rue. La bonne nouvelle : les Hongrois sont polis à ce sujet, et la Grande Halle du marché (Nagyvásárcsarnok, lun. 6 h à 17 h, mar.-ven. 6 h à 18 h, sam. 6 h à 15 h) regorge de commerçants qui poseront volontiers pour un « Szabad fotózni? » (Puis-je photographier ?).
Contexte d’octobre : le 23 octobre est un jour férié national commémorant le soulèvement de 1956, avec des cérémonies publiques le long de la place Kossuth. Ce sont des rassemblements de masse, vous êtes donc sur un terrain sûr. Budapest est aussi l’une des capitales européennes peu fréquentées qui connaît une forte croissance cet automne ; les foules y sont donc moins denses qu’à Prague, et la lumière sur le Danube à 17 h 30 est extraordinaire.
Japon : pas de loi, mais une norme de la Cour suprême vieille de 57 ans
Le Japon n’a pas de loi écrite sur le droit à l’image. En revanche, les tribunaux reconnaissent le shōzōken (droit à l’image) depuis l’arrêt de la Cour suprême de 1969 dans l’affaire de l’Union des étudiants de la préfecture de Kyoto, et affiné par une décision de 2005 qui a fixé le critère moderne : la photographie dépasse-t-elle les « limites de la tolérance dans la vie sociale » (junin gendo) ?
Les tribunaux pèsent le statut social du sujet, l’activité photographiée, le lieu, la finalité et la manière. Un plan large de piétons au carrefour de Shibuya : tolérable. Un gros plan au téléobjectif d’une lycéenne publié en ligne : intolérable, et potentiellement une affaire pénale au titre des arrêtés locaux de prévention des nuisances. Les dommages-intérêts civils habituels dans les affaires rapportées de droit à l’image vont de 100 000 à 500 000 ¥ (620 à 3 100 €).
Deux éléments piègent les photographes étrangers. D’abord, les téléphones vendus au Japon émettent un bruit d’obturateur obligatoire ; les habitants considèrent un appareil silencieux pointé vers eux comme suspect. Ensuite, le quartier de Gion à Kyoto affiche depuis 2019 une amende de 10 000 ¥ (62 €) pour la photographie dans ses ruelles privées, et en 2024 il en a fermé plusieurs aux touristes. La rue Hanamikoji elle-même est publique ; les petites rues qui la bordent ne le sont pas.
Octobre 2026 au Japon
Le Jidai Matsuri (22 octobre, Kyoto, gratuit, défilé d’environ 12 h à 14 h 30 du palais impérial au sanctuaire Heian) est un événement public où 2 000 participants en costume s’attendent à être photographiés. C’est la journée de portrait de rue légale la plus facile du calendrier japonais.
Le feuillage atteint son pic à Kyoto de la mi-novembre à la fin novembre, si bien que la fin octobre est agréablement moins fréquentée en comparaison. Si vous prévoyez une nuit dans un monastère, lisez d’abord notre guide sur l’étiquette photo et les règles de silence lors d’un séjour dans un temple de Koyasan ; la cérémonie du feu Goma comporte des créneaux précis sans appareil photo.
Corée du Sud : légal de photographier, culturellement attendu de demander
Le droit à l’image coréen (chosanggwon) découle de l’article 10 de la Constitution et s’applique par le droit civil et par la loi sur la protection des informations personnelles (PIPA). Prendre une photo en public n’est pas un délit. Mais les tribunaux coréens ont à plusieurs reprises retenu la responsabilité civile pour la publication de gros plans identifiables sans consentement, avec des dommages-intérêts habituels de 500 000 à 3 000 000 ₩ (330 à 2 000 €).
Le risque pénal découle de l’article 14 de la loi relative aux crimes sexuels, visant le molka (abus par caméra cachée) : photographier le corps de quelqu’un d’une manière qui cause une honte sexuelle est passible de sept ans de prison ou d’une amende de 30 millions de wons (environ 20 000 €). En pratique, toute prise de vue en contre-plongée ou sur le vif d’une femme, même innocente, attire une attention hostile. Les téléphones coréens ont un bruit d’obturateur obligatoire précisément pour cette raison.

La norme culturelle est claire : demandez, avec une révérence et un « Sajin jjigeodo doelkkayo? » (Puis-je prendre une photo ?). J’obtiens un taux de oui supérieur à 90 % au marché de Gwangjang (tous les jours environ 9 h à 22 h ; la ruelle des restaurants jusqu’à environ 23 h) en utilisant cette seule expression, et l’application Papago (gratuite) pour poursuivre la conversation.
Contexte d’octobre : le festival des lanternes de Jinju Namgang se déroule du début à la mi-octobre le long de la rivière Nam (entrée gratuite sur la rive, tronçons du tunnel de lanternes environ 10 000 ₩), et le festival des feux d’artifice de Busan tombe généralement le premier samedi de novembre. Ce sont deux festivals publics où la photographie de foule ne prête pas à controverse.
États-Unis : la référence permissive
J’inclus les États-Unis parce que la plupart des lecteurs comparent tout à eux. Le Premier Amendement protège la photographie de tout ce qui est visible depuis un lieu public, et la publication à des fins éditoriales ou artistiques est également protégée ; la décision de 2007 de la cour d’appel de New York dans l’affaire Nussenzweig c. diCorcia a confirmé la vente d’un portrait de rue comme œuvre d’art, même auprès d’une personne qui s’y opposait pour des motifs religieux.
La seule véritable exposition concerne l’usage commercial. Apposez le visage d’un inconnu sur un produit ou une publicité sans cession de droits et vous relevez du droit à l’image au sens des lois d’État, comme la section 50 à 51 du New York Civil Rights Law. La photo de rue pour un blog, un tirage, une galerie ou un livre est sans danger.
Sanctions et indemnisations comparées (octobre 2026)
Le tableau ci-dessous convertit toutes les sanctions en euros afin que vous puissiez voir l’écart réel. « Indemnité civile typique » reflète la fourchette rapportée dans les décisions publiées, et non le maximum théorique.
| Pays | Maximum pénal | Indemnité civile typique | Qui fait appliquer la loi en pratique | Niveau de risque pour un amateur prudent |
|---|---|---|---|---|
| France | 45 000 € + 1 an (lieux privés) | 1 000 à 5 000 € | La personne poursuit ; la police intervient rarement dans l’espace public | Faible |
| Allemagne | 1 an (KUG §33) / 2 ans (StGB §201a) | 500 à 5 000 € + frais d’avocat | Plainte de la personne ; la police intervient | Moyen |
| Hongrie | Aucun (civil uniquement) | 250 à 2 500 € | La personne poursuit | Moyen (à cause de la règle sur la « réalisation ») |
| Japon | Amendes administratives, généralement jusqu’à 1 M ¥ (6 250 €) pour la prise de vue cachée | 620 à 3 100 € | La personne poursuit ; la police réagit rapidement aux plaintes | Faible à moyen |
| Corée du Sud | 7 ans + 30 M ₩ (20 000 €) au titre de la loi sur les crimes sexuels | 330 à 2 000 € | La police réagit vite ; les témoins interviennent | Moyen à élevé pour les photos sur le vif de femmes |
| États-Unis | Aucun pour un usage non commercial | Variable (en cas d’usage commercial abusif uniquement) | La personne poursuit | Très faible |
Le cadre de décision : quel pays correspond à votre style ?
Les photographes ne recherchent pas tous la même chose. Adaptez votre approche à la loi plutôt que de la combattre.
- Choisissez les États-Unis ou le Japon si vous pratiquez la photo sur le vif classique, à la manière de Cartier-Bresson, et souhaitez publier vos images sur un blog personnel ou le site d’un club photo sans cession de droits. Au Japon, cadrez large et évitez les mineurs.
- Choisissez la France si votre travail est artistique et si vous êtes prêt à le défendre comme tel. La jurisprudence Banier vous protège davantage que toute autre décision européenne, mais elle ne couvre ni l’usage commercial ni les images dégradantes.
- Choisissez l’Allemagne si vous préférez les compositions paysage avec des personnes. Les exceptions Beiwerk et Versammlung récompensent les photographes qui font de la ville le sujet et des habitants la texture.
- Choisissez la Hongrie ou la Corée du Sud si vous aimez la conversation autant que la photo. Les deux favorisent une approche qui demande d’abord la permission, de style portrait, et les deux comptent des habitants qui disent oui bien plus souvent que ne l’imaginent les touristes.
- Évitez la Hongrie et la Corée si vous tenez absolument aux photos sur le vif non posées au téléobjectif. Vous enfreindriez soit le Code civil (Hongrie), soit vous vous exposeriez à une confrontation très désagréable (Corée).
Une boîte à outils « rester dans la légalité » chiffrée pour un voyage de deux semaines
Rien de tout cela ne nécessite un équipement coûteux. Il faut les bons réflexes et environ 55 € de logiciels et de papier.
| Article | Coût (oct. 2026) | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Application Easy Release (iOS/Android, paiement unique) | 10,99 € | Cessions de droits à l’image multilingues signées sur votre téléphone ; les modèles français, allemands et japonais tiennent pour l’édition et la vente de tirages |
| eSIM régionale, 10 Go, 30 jours (forfait Nomad Europe ou Asie) | 19 à 26 € | Sauvegarde cloud instantanée des fichiers RAW, pour qu’une carte confisquée ne vous coûte jamais le voyage ; alimente aussi la traduction en direct |
| Alternative : Airalo Eurolink 10 Go / 30 jours | 24 € | Même usage ; couverture légèrement meilleure en hongrois lors de mes tests de 2025 |
| 50 cartes de consentement bilingues (imprimées chez un service de type Vistaprint) | 12 € | Une carte avec votre nom, votre site et un QR code vers votre portfolio transforme le « touriste suspect » en « photographe » en deux secondes |
| Google One 200 Go de stockage cloud (1 mois) | 2,99 € | Envoi automatique depuis un boîtier Sony ou Canon via l’application du fabricant |
| Applications de traduction Papago (Corée) / DeepL (partout) | Gratuit | Demandez correctement ; les deux gèrent étonnamment bien le hongrois et le coréen parlés |
| Total | 45 à 51 € | Moins qu’une seule indemnité typique de sérelemdíj hongroise |
Remarque sur le matériel pour les plus de 60 ans : un objectif fixe de 28 mm ou 35 mm sur un hybride pèse moins de 700 g et rend vos intentions évidentes. Personne ne prend un grand-angle pour de la surveillance. Laissez le 70-200 mm à la maison : il est lourd, et en Corée c’est un handicap.
Erreurs courantes (j’en ai commis quatre)
- Croire qu’« espace public » signifie « tout ce qui est en extérieur ». Les ruelles latérales de Gion, les stands des marchés de Noël allemands, l’intérieur des cafés français et les étals des marchés coréens sont tous des propriétés privées dont les propriétaires peuvent fixer des règles photo.
- Utiliser un obturateur silencieux au Japon ou en Corée autour de femmes ou d’enfants. C’est légal, mais cela donne l’impression d’une prise de vue cachée et vous vaut une conversation avec la police en quelques minutes.
- Publier le jour même. Un délai de réflexion de 48 heures avant publication vous permet d’écarter toute image où une personne est identifiable, peu flatteuse et au centre de la photo.
- Photographier des urgences. En Allemagne, le §201a du Code pénal fait d’images de personnes impuissantes un délit ; en France, c’est une violation de l’article 9 ; partout, c’est un manque de savoir-vivre.
- Croire qu’un oui verbal couvre un usage commercial. Ce n’est le cas nulle part. Si vous pourriez un jour vendre l’image pour de la publicité, obtenez une cession signée.
- Oublier le RGPD pour un blog monétisé. Si vous diffusez de la publicité ou vendez des tirages, vous êtes responsable de traitement dans l’UE. Tenez un registre simple des cessions et honorez les demandes de retrait sous 30 jours.
- Discuter avec la police. Vous avez généralement raison sur le droit en France, en Allemagne, au Japon et aux États-Unis. Vous perdrez quand même une heure. Montrez votre carte de consentement, proposez de supprimer la photo en question, et passez à autre chose.
L’étiquette de terrain qui fonctionne dans les six pays
Au cours de trois automnes de tests, la même routine de cinq secondes a produit des taux de consentement supérieurs à 85 % dans chaque ville de cette liste, y compris à Séoul et à Budapest.
- Établissez le contact visuel et soulevez légèrement l’appareil avant de le porter à l’œil. Cela donne à la personne la possibilité de refuser d’un signe de tête.
- Dites l’expression locale, même maladroitement : « Je peux ? », « Darf ich? », « Szabad? », « Shashin ii desu ka? », « Sajin jjigeodo doelkkayo? »
- Montrez le résultat sur l’écran arrière. Proposez de l’envoyer. Au Japon et en Corée, échanger un identifiant LINE ou KakaoTalk est la façon naturelle de le faire.
- Si vous comptez publier, dites-le, et consignez le oui avec votre application de cession. Trente secondes maintenant vous épargnent une lettre d’avocat plus tard.
- Gardez votre carte de consentement sur vous. Une carte imprimée avec votre nom, votre site et un QR code est l’outil de confiance le plus efficace que j’aie trouvé, et elle coûte 0,24 € pièce.
Le verdict
Si je ne pouvais faire de la photo de rue sur le vif que dans l’un de ces six pays cet octobre, sans jamais penser aux cessions de droits, je choisirais le Japon pendant la semaine du Jidai Matsuri, avec les États-Unis comme filet de sécurité juridique que je n’utilise jamais vraiment. La France est le meilleur endroit pour être un artiste dans la rue. L’Allemagne récompense le travail patient et posé. La Hongrie et la Corée du Sud sont les endroits où j’ai réalisé mes meilleurs portraits, précisément parce que la loi m’a obligé à parler aux gens.
Choisissez le pays qui correspond à votre façon de travailler, emportez un objectif fixe grand-angle et une pile de cartes de consentement, et allez faire quelque chose qui vaut la peine d’être défendu. Puis dites-nous dans les commentaires quelle ville vous a valu le plus de oui cet automne ; nous compilons les données des lecteurs pour une mise à jour en 2027.
Questions fréquentes
Est-il illégal de photographier des inconnus dans un lieu public en France ?
Non. Prendre une photo dans un lieu public en France est légal. Le droit à l’image, fondé sur l’article 9 du Code civil, restreint la publication d’une personne identifiable sans son consentement, avec des exceptions pour l’actualité, les scènes de foule et l’expression artistique (arrêt Banier de 2008). La sanction pénale de 45 000 € et d’un an ne s’applique qu’aux images captées dans des lieux privés.
Puis-je publier sur Instagram des photos de rue prises en Allemagne sans autorisation ?
Seulement si elles relèvent d’une exception du §23 KUG : la personne est accessoire à un paysage ou à un monument, fait partie d’un rassemblement public, ou est une personnalité publique agissant en public. Un gros plan reconnaissable d’un inconnu publié sans consentement viole le §22 KUG, passible d’une amende ou d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison, et les indemnités civiles habituelles vont de 500 à 5 000 €, plus les frais d’avocat.
La Hongrie exige-t-elle vraiment un consentement simplement pour prendre une photo ?
Oui. L’article 2:48 du Code civil hongrois de 2013 exige un consentement tant pour réaliser que pour utiliser l’image d’une personne, sauf lors de rassemblements de masse ou pour des personnalités publiques dans l’exercice de leurs fonctions. Il n’existe aucune sanction pénale, mais les indemnités civiles dans les affaires rapportées vont généralement de 100 000 à 1 000 000 HUF (250 à 2 500 €).
Pourquoi les téléphones au Japon et en Corée du Sud émettent-ils un bruit d’obturateur ?
Les deux pays exigent (la Corée par une directive de son régulateur depuis 2004, le Japon par un accord de l’industrie) que les téléphones vendus sur leur territoire émettent un bruit d’obturateur audible pour dissuader la prise de vue cachée. Un appareil dédié silencieux est légal, mais les habitants considèrent le silence comme suspect ; photographiez donc ouvertement et cadrez large autour des femmes et des enfants.
Combien coûte le fait de rester dans la légalité en tant que photographe de rue en voyage ?
Environ 45 à 51 € pour un voyage de deux semaines en octobre 2026 : une application de cession de droits (10,99 €), une eSIM régionale de 10 Go pour la sauvegarde cloud (19 à 26 €), 50 cartes de consentement imprimées (12 €) et un mois de stockage cloud de 200 Go (2,99 €). C’est moins qu’une seule indemnité civile typique en Hongrie ou en Corée.





